Tandis que l’Observatoire National de la Fin de Vie (l’ONFV) révèle que 40 % des personnes âgées en institution sont touchées par la dépression et constate :
« Une mort par exclusion de la « vraie vie », celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent. »
Voici les différents témoignages que nous avons recueillis à propos de nos interventions :
Témoignages de nos participants :
« Que c’est bon de rire ! »
« On devrait faire du théâtre tous les jours, parce que là, ça va mieux ! »
« Merci, ça fait du bien à la tête ! »
« Qu’est-ce qu’on a rigolé ! Mais il faut aller le dire à tout le monde : « Ne souffrez plus, on va vous redonner le bonheur de vivre ! » »
« On croit qu’on ne va pas y arriver, on a peur et finalement, c’est très agréable. »
« Ici, c’est l’étincelle ! »
« En tant que patient, on est beaucoup plus sensibles à la bienveillance. Il y a le bien-être chimique et il y a le bien-être moral. Une dose de morphine, c’est bien, mais une dose de partage, c’est aussi important. »
« On croyait qu’on existait plus, mais on existe beaucoup ! »
« Je n’avais pas envie de venir, mais je suis heureux d’être venu, je suis plus détendu, je regrette d’avoir raté la séance précédente. »
« Il y a autre chose que la mollesse ! »
« Le plaisir de rassembler les pièces. »
« J’ai appris des choses qui m’intéressaient. C’est intéressant. Moi j’aime apprendre des choses que je ne connaissais pas. »
« On s’est bien marrés ! »
« Faire marcher les méninges, à notre âge, c’est dangereux !
« C’est bien, de temps en temps, de se dépasser un peu, d’aller remuer un petit peu les particules là-dedans ! »
« On peut tout imaginer aujourd’hui. Il faut qu’on se distraie autrement. Et je pense que ces réunions que nous faisons ici sont toutes sympathiques, parce qu’on y découvre ce qu’on n’a pas encore découvert. »
« C’était bien, on a fait de belles rencontres, avec des sensibilités. C’était pas du superficiel. C’est ce qui manque, dans l’existence, d’avoir quelque chose à l’intérieur. Ça fait du bien, il y a un courant qui est passé. »
« On a passé un bon moment ! »
« On a travaillé plus de la tête que du chapeau ! »
« Au début, il faut qu’on se retrouve. C’est ça qui est bien ! »
« Continuez de faire ce que vous faîtes, parce que vous le faîtes bien. »
« On a l’impression de se connaître depuis longtemps, c’est agréable, on est en confiance. »
« Depuis le temps que je viens à vos ateliers, c’est la première fois que je comprends l’utilité de tout ce que vous nous faites faire. C’est formidable ! »
« Il y a beaucoup d’espagnols dans cette auberge ! »
« J’ai besoin de me plaindre, oui, mais il faut que je rigole d’abord ! »
La trace de l’instant
« Merci pour les bons moments que vous nous avez fait passer. » Message rédigé spontanément en écriture spéculaire (en miroir) par un résident.
« A plusieurs reprises, lorsque le groupe était plus réduit, nous avons eu de très bonnes surprises et vu des personnes se dépasser et s’exprimer comme jamais. »
« Chacun des objectifs décrits dans la fiche action (valorisation, confiance, plaisir, rencontres, modes d’expression, mémoire des sens, partage…) semblent être atteints et en marche tout au long de chaque séance. »
« On constate également une bien plus grande spontanéité de la part de chacun et chacune au sein de l’atelier. Les personnes se permettent davantage de commenter, sont aussi plus complices et encourageantes pour les autres. »
« Malgré les états de fatigue ou d’humeur variables et malgré sa perpétuelle recomposition, le groupe semble s’être installé avec le temps dans un confort tout à fait profitable et identifiable comme un rendez-vous sympathique. La complicité n’y apparaît pas exclusive, mais de plus en plus généreuse et les temps d’expression deviennent des invitations conviviales plus naturelles. »
« Ces temps de partage et de jeux ont installé une confiance amicale telle, que la qualité d’écoute semble bien plus grande que les premiers mois. […] Les participants quittent l’atelier avec le sourire, non plus seulement parce qu’ils ont passé un bon moment, mais en se sentant valorisés. »
« Les personnes qui vivent à l’hôpital ont un énorme besoin d’être entendues et d’être écoutées. […] Cette intimité en petits groupes installe un véritable échange et partage plutôt qu’une mise en scène et une mise en danger publique. […] Elle influe sur les possibilités et la qualité d’expression de chacun. »
« Nous observons qu’une certaine reconnaissance amicale des uns vis-à-vis des autres est davantage marquée. »
Le seul danger serait en effet de se réveiller un jour Avec une âme qui n’aurait jamais servi, Une âme ensevelie de précautions, Soigneusement amidonnée, Repassée et pliée en quatre, Mais qui tombe en poussière faute d’usage. Car ce qu’il y a de pire, C’est d’avoir une âme habituée, Une âme tellement encroûtée, Tellement imperméabilisée, Que la grâce roule sur elle sans rien mouiller, Comme des gouttes d’eau sur la toile cirée.